Voici pourquoi les motards se font toujours ce signe étrange en se croisant

signes de motard

Si vous avez déjà vu deux motards tracer en sens inverse, vous avez sûrement remarqué ce geste discret, la main gauche qui s’abaisse en formant un signe V. Ce n’est ni une provocation ni un code secret de club fermé : c’est un salut. Une façon de dire “bonne route”, “prudence”, et parfois “merci”. Sur deux roues, on partage la même vulnérabilité ; la sécurité routière n’est pas un concept abstrait mais un réflexe collectif, comme le rappellent la Sécurité routière et la FFMC (Fédération Française des Motards en Colère), très actives sur la prévention.

Un salut qui raconte une communauté

La moto attire pour la liberté qu’elle procure… et elle impressionne pour les risques qu’elle implique. Cette ambivalence soude ceux qui roulent. Le salut, c’est un clin d’œil d’appartenance, un rappel de bienveillance : “je t’ai vu, je te respecte, on fait attention”. La main se baisse (plutôt qu’un grand geste en l’air) pour rester stable dans le vent et ne pas gêner le contrôle du guidon. Dans certains pays, le code change : au Royaume-Uni, on salue d’un mouvement de tête ; en Amérique du Nord, deux doigts pointés vers la route signifient “ride safe”.

D’où vient le fameux V ?

L’origine exacte se raconte autant qu’elle se prouve. Dans les années 1970, des pilotes charismatiques popularisent ce V comme symbole de victoire… ou de “peace”. La culture moto s’en empare, et le geste devient un salut routier. Peu importe, au fond, qui l’a lancé : ce qui compte, c’est ce qu’il dit aujourd’hui — solidarité et respect mutuel. L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) rappelle régulièrement que la visibilité et l’attention partagée sauvent des vies : ce V en est l’illustration quotidienne.

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Les autres “messages” des motards

Le V n’est pas le seul code, et ils ne disent pas tous la même chose :

  • La jambe tendue (généralement la droite) : un “merci” pratique quand la main droite tient les gaz, par exemple après qu’une voiture s’est décalée pour laisser passer. À utiliser brièvement, en ligne droite, sans se déséquilibrer.
  • Le balayage de la main vers le bas : “calme, danger, gravillons, pluie, animaux” — on ralentit.
  • L’index qui tourne : “allume tes feux” (sur les anciennes) ou “quelque chose cloche”.
  • **L’appel de phare : alerte d’un risque immédiat (ralentissement, obstacle, chaussée dégradée). L’idée est d’avertir d’un danger, pas de jouer au gendarme — restons dans l’esprit prévention.
  • Les warnings : parfois un “merci” collectif après un dépassement en groupe, parfois pour signaler un incident. On reste sobre : tout ce qui distrait trop… distrait.

Ces gestes ne remplacent jamais la priorité absolue : garder le regard loin, les deux mains prêtes, et la trajectoire propre. Les organismes de prévention insistent : mieux vaut renoncer à un salut si les conditions ne s’y prêtent pas.

Et côté automobilistes ?

Beaucoup interprètent mal la jambe tendue ou le faisceau de phares. Bonne nouvelle : ce sont souvent des marques de courtoisie ou des avertissements utiles. Les bons réflexes à adopter :

  • vérifier ses rétros avant de changer de file ;
  • laisser un couloir aux deux-roues quand la circulation est dense ;
  • éviter d’ouvrir une portière sans contrôle ;
  • garder ses clignotants lisibles et ses distances de sécurité.

La Sécurité routière et les campagnes de la FFMC rappellent que le partage de la route réduit les conflits et les frayeurs — pour tous.

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Un code, une culture… et du bon sens

Ces signes ne sont pas une obligation, encore moins une excuse pour lâcher le guidon n’importe quand. Ils sont le reflet d’une culture où l’on se protège en s’observant. Personnellement, j’aime ce moment furtif où deux inconnus se saluent en un geste : il dit beaucoup de la route que l’on aimerait tous, plus fluide, plus attentive, plus humaine.

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Cédric Schmidt

Amoureux de l’automobile sous toutes ses formes, des deux-roues vintage aux dernières innovations électriques, je partage ici ce qui m’anime !

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